« Party Down » : Fin de saison 1

Publié le par tejipe

(Episode 10) : « Stennheiser-Pong Wedding Reception »

Les créateurs de « Party Down » nous offre avec ce dernier épisode de la saison 1 un spectacle digne des meilleures comédies de vaudevilles. Inscrit au menu de cet excellent « Stennheiser-Pong Wedding Reception » : piques d'humour, rebondissements inattendus et invités d'honneur.

A l’occasion de la cérémonie du mariage gay du producteur Steinnheiser et de son compagnon Marty Pong, les serveurs de « Party Down » rencontrent leurs concurrents de « Valhalla », dont le nom était rapidement évoqué dans l'épisode « Taylor Stiltskin Sweet Sixteen ». Ces derniers - véritables gravures de mode, toutes de noir vêtues - sont dirigés d'une main de fer par la blonde Uda Bengt, une ancienne employée de « Party Down » qui a pris du galon. Son personnage est interprété par Kristen Bell, dont la présence était annoncée par les créateurs, dès le pilote.

En comparaison de l'équipe d'androïdes de « Valhalla », celle des « Party Down » - composée de bras cassés avec deux mains gauches - est fraiche et réjouissante.

Les « Party Down » devront seconder les « Valhalla » dans leurs taches, et en aucun cas se montrer aux invités prestigieux de la cérémonie. La raison invoquée par Uda Bengt est qu'ils ne sont pas assez « glamour » pour se mélanger aux invités. Une grimace de dégout, particulièrement évocative, vient corroborer ses paroles. Ron et les siens auront donc ordre de rester confinés dans la grange qui sert de cuisine à la préparation du buffet. C'est mal connaitre nos joyeux drilles, qui n'en feront encore qu'à leurs têtes !

Déprimé d'être dirigé par une personne plus jeune, qui possède, de plus, un tempérament bien trempé et qui l'infantilise constamment, le pauvre Ron perd les pédales et replonge dans la boisson. Le syndrome « Bluto » - évoqué également dans un précédent épisode (« James Rolf High School Twentieth Reunion») - ne l'a apparemment pas quitté.

De façon instinctive et naturelle, Henry gère la situation et se met à diriger ses collègues. Il se sort très bien de sa tache inopinée, au grand étonnement de Casey, qui ne peut pourtant masquer sa déception face à cette découverte.

Kyle et Roman n'en pas finissent pas de se crêper le chignon. Encore une fois la beauté du blond est récompensée, notamment par une place temporaire au sein de « Valhalla », tandis que le bigleux est encore humilié par les scénaristes à cause de son physique ingrat. Il doit pointer la direction des toilettes aux invités, alors qu'un panneau indique clairement le chemin à prendre. Roman aura quand même la joie de rencontrer George Takei, dont il est un grand fan et de lui servir de guide. Il poursuit de son assiduité l'acteur jusque dans les toilettes et le harcèle de questions intrusives sur son rôle de Sulu dans la série « Star Trek ». En comparaison, Sheldon Cooper, le « geek » de « The Big Bang Theory » est un modèle de délicatesse et de savoir-vivre.
De son côté, Kyle se prostitue littéralement dans l'espoir de décrocher un rôle dans la prochaine production de Steinnheiser.

Bobbie St-Brown s'impose comme une digne remplaçante de Constance Carmell. Son personnage déluré et expansif est une aubaine sur le plan scénaristique. Sous l'effet de champignons hallucinogènes, elle compose une croix-gammée avec des petits fours, alors que son but premier était de dessiner un flocon de neige. Encore une facette de sa personnalité « New-Age » qui resurgit. L'actrice Jennifer Coolidge, abonnée de longue date à ce genre de compositions, est parfaite dans ce rôle. Plus présente que le personnage interprété par sa colocataire, elle nous console même du départ de Jane Lynch.

Kristen Bell est parfaite dans le rôle d’Uda Bengt, la manager de « Valhalla », garce hiératique et marmoréenne. George Takei - dans son propre rôle, donc - fait preuve d'énormément d'humour. A la fin de l'épisode, il est frappé d'une allergie alimentaire causée par l’ingestion de crevettes. Alors que le pauvre George – tout rouge et boursouflé - est frappé par un choc anaphylactique, un Roman obligé lui propose de l'accompagner aux toilettes pour faire un petit « pipi ».

Cet épisode célèbre le triomphe d'Henry - même si lui considère cette journée comme la pire de sa vie. Il est promu au rang de remplaçant de Ron par M. Duk, le gérant asiatique de « Party Down ». En effet, le manager de l'équipe des serveurs, lui, voit ses efforts concernant sa franchise « Soups and Crackers » enfin récompensés. Mais hormis son nœud papillon, le reste n'est pas tout rose pour Henry. Casey lui apprend qu'elle doit s'embarquer pour une croisière de six mois. Après Jane Lynch que l’on retrouve dans le nouveau programme de la Fox, « Glee » (voir critique en dessous), Lizzy Caplan est une autre actrice de « Party Down » qui s'envole vers d'autres horizons télévisuels. A la fin de l'épisode, les deux tourtereaux se séparent, l'arme a l'œil. Mais comme dit le proverbe : « une de perdues et dix de retrouvées ». C'est une Uda Bengt, relativement décoincée et apparemment humaine, qui se présente à lui pour lui proposer de rejoindre son équipe. Accessoirement, elle lui fait même des avances amoureuses très pressantes. Elle apprend à Henry qu'elle apprécie les films d’auteurs pas trop déprimants mais qu’elle déteste les « daubes » cinématographiques qui traitent de l'Holocauste et que produit Steinnheiser.

A l'image du spectacle pyrotechnique qui ponctue le mariage prestigieux (et qu'hélas, le spectateur n'entendra que hors-champ), cet épisode est un véritable feu d’artifices composé de situations humoristiques. Les scénaristes s'en sont donner à cœur joie et le résultat se voit. On pourra juste regretter que ces derniers ne se soient attardés un peu trop longuement sur les états addictifs de Ron et de Bobbie. La situation devient, à un certain moment, assez gênante.

Henry n'échappe pas à la malédiction du slogan qui le poursuit : « Are we having fun yet now ? » Cette fois-ci, c'est un Ron, totalement avinée et sans pantalon, qui lui sert la réplique a l'arrière de la camionnette de fonction de « Party Down ».

Sous un ciel nocturne illuminé de mille feux multicolores, nous quittons une Bobbie St-Brown hilare, un Ron Donald rasséréné et un Henry Pollard dubitatif quant à la nouvelle orientation que prend sa vie. Ses espoirs de percer un jour dans le domaine du cinéma se sont-ils à jamais envolés à l’image d’une Casey sur le départ ?

C'est avec une grande impatience que l'on attend la saison 2 de « Party Down » prévue pour 2010. La série - j'en suis sûr - en a surpris plus d'un par la qualité de son humour débridé, mais aussi parfois chaotique. Une belle réussite, donc, à la fois pour les « showrunners » Rob Thomas et ses trois amis, mais aussi pour la petite chaine « Starz », qui a eu la bonne idée de l'héberger ! A cette occasion, il serait peut-être temps que les créateurs nous gratifient d'un générique un peu plus élaboré graphiquement que celui - assez terne et sommaire - dont ils se servent actuellement.

Après le nain « Rumpelstiltskin » évoqué dans l’épisode 6, les scénaristes de « Party Down » en appellent, de nouveau, au domaine des croyances populaires. Le nom de l'équipe de traiteurs que dirige Uda Bengt, « Valhalla », est une référence directe à la mythologie scandinave. Ce terme désigne la « demeure des combattants occis ». La blonde et farouche Uda Bengt est, sans conteste, une véritable valkyrie qui conduit ses guerriers sur les champs de bataille de la restauration.

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Publié dans Party Down

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