« In the Motherhood » : (Pilote)

Publié le par tejipe

« In the Motherhood » est une série qui vise principalement un public féminin.

Le pitch de cette sitcom se résume ainsi : trois drôles de dames particulièrement insupportables et hystériques (au propre comme au figuré) décident de donner un mal de crane carabiné aux spectateurs pendant 30 minutes, la durée d’un épisode. Pour arriver à leurs fins, leurs arsenal se compose de bavardages incessants, de rires sonores et de cris aigus. La question se pose : faut-il être une femme pour réellement apprécier ce genre de programmes ?

Rosemary, la plus âgée du trio, est aussi la plus pathétique. Elle prétend - pour des raisons d'expérience social - être enceinte. A cet effet, elle s’affuble d’une peluche qu’elle glisse sous ses vêtements. En réalité, elle utilise ce subterfuge pour attirer l’attention de son entourage. La pauvre en a bien besoin. Elle veut faire croire que tout va bien, qu’elle assume des rondeurs dont elle ne pourra plus jamais se départir et le désintérêt des hommes à sont égard. Elle multiplie donc les facéties pour tenter de (se) le prouver. Elle retombe dans l’adolescence, s’habille d’un cuir noir et de t-shirts « R’n’R ». C’est l’heure de la ménopause pour Rosemary, mais en ce qui la concerne, le spectateur a plutôt envie d'actionner le bouton « eject » !

Jane - interprétée par l'opulente et sexy Cheryl Hines - est un peu la « femelle dominante du groupe », déjà de part son physique impressionnant. D'habitude, l'actrice tient des rôles de femmes épanouies et comblées. Là, elle change de registre. Divorcée, elle vit avec ses deux filles, une adolescente casse-pieds (pléonasme) et un adorable bébé de 8 mois, Sophie.

Cette grande blonde - weritable working woman - est secondée dans sa tache par Horatio, la nurse barbue de Sophie. Le personnage est un croisement entre un nounours conciliant et un gros matou châtré. Si dans « Unhitched », le quatrième larron était un garçon manqué (et non une « virago »), son pendant dans « In the Motherhood » (dont j’établissais un parallèle ) est un homme féminisé (et non une « tapette »). Il préfère la compagnie des femmes comme le personnage de Kate préfère celle des hommes. Seule Rosemary, mise sur la touche, le prend en considération. Pour les deux autres femmes, il ne représente qu'un objet. La ressemblance entre les deux séries s’arrête, hélas, là !

Dans le pilote, la belle Jane se fait draguer par un collègue de travail interprété par Ken Marino, que l'on retrouve actuellement en chef de rang dans « Party Down ».

Emily, la jeune sœur de Jane, est la seule a être encore mariée. Elle semble être aussi la plus équilibrée. Avec son mari - un noir démocrate  - elle possède des idées bien arrêtées - à défaut d’être ingénieuses - sur l’éducation de leurs deux enfants. Dans le pilote (« It Takes a Village Idiot »), elle joue carte sur table et leurs révèle que « le Père Noël est en fait une personne » (« Santa Claus is made of person »). Dans l’épisode 2 (« Vacation »), la famille part en week-end à la découverte de leur propre maison ( ?). Le couple nomme ce séjour « stay-cation ». Cette généreuse proposition ne ravit pas les bambins qui demandent s’ils sont punis.

Les gags ont des accents faciles et les situations sont poussives. Exemple : alors que la porte se referme derrière elle, laissant une Sophie en pleurs à l’intérieur de la maison, Jane se retrouve - dans sa tentative de réintégrer son domicile - coincée dans la chatière. On a inventé mieux pour amuser le public !

On ne rit, pas plus que l’on ne sourit en visionnant « ItM ». La réplique la plus amusante est délivrée a la fin du pilote. Quand Emily découvre les effets dévastateurs de sa franchise sur ses enfants, elle décide de faire marche-arrière. Les trois femmes convainquent le pauvre Horatio d’endosser un costume de Père Noël. Alors qu’il effectue son numéro de démonstration, il tombe lourdement du toit, apparemment blessé, sous le regard terrifié des enfants. Rosemary les rassure en lançant : « That’s not blood ! it’s christmas juice ! » Un peu tard, tout de même, pour faire preuve d’esprit et surtout, un peu maigre pour un programme d’une demi-heure.

Les trois amies nous livrent donc un spectacle déplorable de la condition féminine, à défaut d’être authentique. La sexualité est bien sûr abordé dans la série, que ce soit à travers le thème du harcèlement sexuel au travail ou des inévitables vantardises sur le sujet de la part du trio.

« In the Motherhood » s’inspire d’une « webserie » de 2007 dans laquelle des actrices reproduisaient des sketches envoyés par des mamans. Fort de ce succès d’estime, les créateurs ont présumé qu’ils se devaient d’élargir leur audience et d’apporter leur idée de génie aux plus grand nombre.

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Publié dans Séries U.S.

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